Je me souviens… de quoi ?

Note de l’éditeur : Cet article a été rédigé par Elizabeth Lecavalier—avide de réussite, artiste dans l’âme et amoureuse du café. Elizabeth termine un BComm en ressources humaines à l’École de gestion John-Molson. Elle fait partie de Pouvoir de changer depuis 2011 et a participée à un projet intensif cet été avec eux à l’UdeM et à l’UQÀM. Elizabeth aime piloter, abuser de son rire et est toujours à la recherche de bonnes histoires. Tu peux la retrouver sur Twitter et Facebook.

En 1883, Eugène-Étienne Taché fait graver dans la pierre principale des portes de l’assemblée nationale québécoise les mots « je me souviens » en dessous de l’ardoise provinciale et c’est ainsi devenu la devise du Québec.

Je me souviens.

L’affaire c’est qu’on se souvient de quoi? On semble pu se souvenir de rien. Pour pas reprendre une phrase des Cowboys Fringants, seules les plaques de char ont un peu de mémoire de nos jours. J’en suis au point de considérer assez sérieusement l’achat du livre L’Histoire du Québec pour les Nuls désormais disponible chez Archambault pour 34.95 $. Et pourtant, nous sommes un peuple d’histoire. Notre histoire définit qui nous sommes. Mais ça nous l’avons oublié. Non c’est vrai, vous avez raison, pas entièrement. On se souvient de Jacques-Cartier, des plaines d’Abraham et de l’accord du lac Meech. Bref, on se souvient des grandes lignes. Mais ce qui est inquiétant, c’est que même en prenant soin de se souvenir des évènements clefs de notre identité on a quand même réussi à oublier notre passé, à négliger notre héritage.

Aujourd’hui, le focus est sur les nouvelles choses. Le « deal » aujourd’hui c’est d’avoir la dernière bébelle, la nouvelle affaire qui va nous faire vibrer. Le nouveau remplace l’antique en terme de valeur alors qu’avant c’était le contraire. Le matérialisme court « free-for-all » et le Québec perd ses valeurs qui résonnent maintenant que de la toune Dégénération. Mais ce qui importe aujourd’hui, c’est le nouveau. Nous avons tous la ferme croyance que la solution à nos problèmes appartient au futur. Une question folle pour le québécois post-moderne : Et si le malaise de ma société à toujours chercher plus pour trouver moins serait dû au fait que sa solution ne se trouve pas dans quelque chose de nouveau, mais dans quelque chose d’ancien? Quelque chose du passé.

Je me souviens.

Le plus drôle avec ces trois mots-là, c’est qu’aujourd’hui les historiens perdent leur temps à s’obstiner sur leurs définitions. Que voulait dont dire Taché? Tsé, le hic c’est qu’on le sera probablement jamais! Et en attendant, nous, on fait quoi? De quoi devons-nous nous souvenir? Peut-être bien de quelque chose qu’on a oublié. Ou plus précisément, de quelqu’un…

Durant la révolution tranquille en 1960, le Québec a décidé de faire le ménage à l’intérieur de ses murs. Pu de cléricalisme. Pu de portage d’eau. Pu d’empiètement. Pu de silence. Pu de Dieu. En voulant mettre la religion dehors, le Québec a sacré Dieu dehors. Il était de trop ou encore pas au bon endroit au bon moment. Bref, un dommage collatéral pour le bien de la société. Mais en mettant Dieu dehors, les québécois ont tellement perdu. On a perdu le sens de la vie, la retrouvant plutôt dans le nouveau, l’immédiat, l’éphémère. On court après le vent. En mettant Dieu dehors, on a perdu le cap. On a perdu nos références. J’ose même affirmer qu’on a perdu notre identité.

Et si Dieu n’était pas juste un concept? Et si Dieu était une personne?

Là, prends un instant et ose réfléchir à ça. Relis la question. S’il était vraiment une personne, un être, qu’est-ce que ça impliquerait pour toi?

Qu’on jette la religion dehors, moi j’ai aucun problème avec ça! En fait, c’était même la réaction de Jésus. Jésus un bon jour se rendit dans le temple de Jérusalem (dans ce temps-là, il y en avait un). Le temple c’est sacré. Ça sert à rencontrer Dieu. Ya pas de niaisage toléré dans le temple. Mais Jésus franchit les portes du temple et au lieu de trouver des gens qui focusent sur Dieu, il trouve une gang de capitalistes opportunistes qui profitent du trafic en vendant de quoi aux gens. Ils profitent du temple. Le pire : les chefs religieux étaient d’accord, ça soutenait les activités religieuses de la place. Ça devait ressembler pas mal à l’oratoire St-Joseph! La réaction de Jésus? Il prend un fouet et se met à chasser ces malfaiteurs. Si la photo de ça serait sur Facebook, je cliquerais « Like ». Ça prend du guts quand même! Pour Jésus, le temple n’est pas un lieu où on paie pour poursuivre une religion. C’est un lieu où on rencontre Dieu. La religiosité n’a pas de valeur pour Jésus; ce qui compte c’est le coeur.

Jésus est descendu de son ciel pour nous faire connaître Dieu. Je crois que ça vaut la peine de vérifier si ce qu’il dit est vrai. Les québécois ont oublié le Christ sauf dans leurs sacres. Mais si Jésus demeure LE modèle pour Stéphane Laporte et pour tant de gens, ne serait-ce pas sensé de checker ce qu’il a de si pertinent à nous dire? Passons-lui le micro et écoutons. Peut-être allons-nous nous découvrir. Retournons à la possibilité qu’il y aurait un Dieu qui a envoyé son fils pour nous délivrer de nous-même, au sens littéral, afin qu’on puisse avoir la vie et l’avoir en abondance.

Et on a perdu ça. Est-ce si difficile de le voir?

Je ne suis pas la seule à penser qu’on a perdu quelque chose : « On ne peut déchristianiser et décléricaliser brutalement sans secousse et sans conséquence. Et pire, en faisant semblant que tout cela n’a jamais existé, car ma génération par un réflexe honteux, n’a pas transmis à ses enfants cette mémoire de notre passé. La devise du Québec, je me souviens, n’a jamais été autant battue en brèche. Comme le répétait le flamboyant Gaston Miron, “Je me souviens” mais on ne se rappelle de rien, » Denise Bombardier.

Voici mon plaidoyer : redécouvrons ce que nous avions de si précieux. Redécouvrons Dieu. Ne pas le faire serait de la folie. Ne pas le faire serait de négliger volontairement notre héritage québécois; d’oublier qui nous sommes.

Je veux me souvenir. Et toi?

Je t’invite cordialement à laisser un commentaire et à poursuivre cette discussion avec moi sur Facebook en cliquant le lien plus haut.  🙂

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4 réponses à Je me souviens… de quoi ?

  1. N. dit :

    J’admets qu’il y a une sorte de mouvement qui cherche la nouveauté et l’originalité à tout prix. Cependant, en parallèle, certaines personnes constatent qu’on va beaucoup trop loin et veulent aller vers des choses plus authentiques, simples, voire « d’antan ». Peut-être que pour certain ce sera également un éveil et le début d’une meilleure relation avec Dieu ? Je l’espère en tout cas :)!

    • Salut N. ! Certes je généralise car, dans un article, on ne peut pas tout aborder. C’est vrais qu’en parallèle, il y a des gens qui choisissent de retourner aux choses d’antan et de retrouver une certaine simplicité de vie. Mais, en même temps, ces gens-là représentent une minorité dans notre société Québécoise. Aussi, je crois qu’en observant avec soin le comportement des gens, on arrive à voir des reflets de ce mouvement qui cherche avidement le « New ». À l’extrême: on a qu’à analyser le Boxing Day, le lancement d’un (autre) nouveau IPhone, ou même le Black Friday de hier. Il est fascinant de constater qu’à plusieurs niveau les plus modérés d’entres nous font la même chose. Entre louer un film qui a 15 ans et aller au cinémas. On reconnait que le cinéma semble plus attirant. Tout ça pour dire que l’être humain a soif du nouveau, probablement pour de très bonnes raisons! Mais un des dangers de ça, au Québec, c’est d’oublier notre passé carrément et, à mon avis, d’oublier Dieu. Merci de ton commentaire!

  2. Vladimir D. dit :

    Un texte patriotique et évangélique. c rare ça.
    Good job Élizabeth

    • Salut Vladimir! Merci de ton commentaire! Cependant, je souhaites mentionner que je considère plutôt mon article comme étant « spirituel ». Souvent les étiquettes limitent le dialogue, peu-importe le sujet discuté. Mon souhait avec cet article est qu’on puisse laisser les étiquettes de côté afin de se concentrer sur l’essentiel du message: les soifs du Québec, notre identité, notre mémoire, le nouveau, le passé, l’impact de la révolution tranquille, Jésus, la religion, et finalement la place de Dieu au Québec. Les québécois divergent largement sur ces sujets alors c’est pourquoi que je recherche un dialogue afin de découvrir la variété d’opinions et de promouvoir un partage d’idées. En gros, tous les points de vue sur ces différents sujets sont les bienvenus! Merci encore pour ton commentaire et contente que tu as apprécié ce blog!

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